S’il est un produit de l’ile de la Réunion que j’adore, c’est le Galabé de Payet et Rivière.

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Le Galabé qu’est-ce que c’est me direz-vous, et bien c’est issu de la canne à sucre, son gout de réglisse, de datte ou figue séchée et sa longueur en bouche en font un produit d’exception.

C’est délicieux aussi bien en petite touche avec le café à la place du sucre ou en pâtisserie et aussi en salé avec par exemple un gaspacho ou bien d’autres recettes.

 

Mais un peu d’histoire pour mieux comprendre l’ile de la Réunion.

La Réunion n'a été habitée qu'à compter du milieu du 17e siècle. Jusqu'alors connue sous le nom d'île Mascarin, elle devient île Bourbon, une escale de la Compagnie française des Indes orientales sur la route des Indes puis, à partir des années 1710, une véritable colonie pratiquant la culture du café. Elle passe sous le contrôle direct du roi de France dans les années 1760 avant d'être réaffectée à l'industrie de la canne à sucre au terme des guerres napoléoniennes. Elle est définitivement rebaptisée de son nom actuel et l'esclavage y est aboli en 1848, remplacé jusque dans les années 1930 par la pratique de l'engagisme. L’engagisme est un servage, une forme de salariat de travailleurs ex-esclave pour les grands propriétaires terriens des Mascareignes confrontés à des problèmes de main-œuvre après l’abolition de l’esclavage. ©wikipédia

Ne vous méprenez pas, les conditions de vie des engagés étaient pour ainsi dire les mêmes que l’esclavage. Une vie dure, de labeur !

 

L’industrie sucrière

La canne à sucre était jusqu'au début du 19e siècle la seule source importante de sucre et représente encore aujourd’hui 70 à 80 % de la production de sucre mondiale. Actuellement sur l’ile de la Réunion 2 grosses usines sucrières existent, une au Sud « La sucrerie du Gol » l’autre au Nord « La sucrerie de Bois Rouge »

cannes à sucre

La filière canne-sucre évolue dans le cadre d’une organisation commune de marché (OCM) définie au niveau européen depuis 1968, face aux géants comme le Brésil. L’arrêt brutal des quotas au 1er octobre 2017 dans l’union européenne font craindre des problèmes dans la filière. Au niveau mondial, la France se situe au 10ème rang (sucre de betterave et sucre de canne confondu), derrière le Brésil, l'Inde, la Chine, la Thaïlande, les États-Unis, le Mexique, le Pakistan, l'Australie et la Russie. Sur l’ile de la Réunion ladite filière représente près de 3000 exploitations et 60% de la surface agricole pour plus de 15000 emplois indirects ou induits. Les élus du département demandent le maintien de l’aide de l’Etat de 28 millions d’euros. Une industrie fragilisée par les évolutions économiques. La bataille industrielle fait rage, quel avenir aura cette filière ? 

 

Le domaine familial de Bel Air, situé au cœur du "Beau Pays", dans le nord-est de La Réunion, est l'une des plus anciennes propriétés de l'île où la canne est cultivée sur ce terroir volcanique et tropical depuis le 19e siècle. L’Exploitation agricole qui s’étend sur près de 200 hectares est gérée par Bertrand Caruel selon les principes de l’agriculture raisonnée. L’exploitation agricole de Bel-Air est membre de l’association Terr’Avenir, ce qui lui confère une certification ISO 14001.

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une partie du domaine de Bel Air

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Entrée du domaine

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La machine à couper la canne

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La cloche qui sonnait à 5heure le matin pour appeler les ouvriers

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L'eau

 

Une histoire familiale enracinée dans la culture sucrière

Après avoir développé son activité dans les cultures maraîchères, Ivrin Payet, prit en 1923 le contrôle de plusieurs industries réunionnaises, dont l'usine sucrière du Quartier Français, ainsi que de plusieurs domaines canniers, parmi lesquels le domaine du Bel Air. 
Cette usine fut ensuite dirigée par son fils René Payet qui en assura le développement et l'optimisation technique jusqu'en 1956. A partir de cette date, son gendre, Maxime Rivière prit la direction du Quartier Français jusqu'en 1992. Il en fit le premier groupe sucrier de l'île.

Actuellement la production de canne du domaine part à l’usine de Bois rouge.

Une petite quantité est réservée, coupée à la main, ce qui permet de sélectionner les meilleures cannes pour être transformé en Galabé.

 

Sur le Domaine on peut voir le Kalbanon, cette habitation, qui abritait les engagés, est constituée de petites pièces qui ressemblent plus à des cellules qu’a des chambres. Hommes et femmes participaient au travail de la terre. On y trouve encore des machines agricoles mais c’est un peu en friches, la nature ayant repris son droit.

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Machine au milieu de la végétation

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"cellule"

Sauf une petite partie qui a été aménagée et où se trouve la production de Galabé.

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les locaux du Galabé

 

Se trouve également sur ce grand domaine, une Chapelle. Elle fut construite par Camille Jurien de la Gravière dans un style néogothique entre 1858 et 1860.

 

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En 1881, un cyclone détruisit presque complètement la chapelle : l’édifice ne comportait ni contreforts ni arcs boutants, pourtant fréquents dans l’architecture gothique. Ne subsistent plus aujourd’hui du bâtiment que la façade, renforcée à la fin du 19e siècle par un mur de basalte et les ruines de la sacristie.

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L’association Mémorial Camille Jurien porte le projet de reconversion de la sacristie reconstruite en salle d’exposition, l’aménagement d’un parcours méditatif sur l’esclavage.

 Pour soutenir la fondation clic ici

Mardi 11 juin, la chapelle du domaine de Bel Air est devenue le troisième site réunionnais à rejoindre les 121 monuments historiques retenus pour le loto du patrimoine, premier tirage le 14 juillet 2019, l’autre en septembre.

 

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Galabé Payet et Rivière

Payet & Rivière créée en 2014, par Alexis Rivière et Bertrand Caruel est une entreprise familiale.

Le Galabé est fabriqué à partir de la canne à sucre grâce à des procédés mécaniques et artisanaux. Naturel, non raffiné et issu de la première pression de la canne, Le Galabé est conçu sans additifs, sans colorants et sans conservateurs, et offre un apport nutritionnel riche en minéraux et oligo-éléments. Au départ de l’entreprise la chauffe au feu de bois du jus de canne se faisait dans des grandes marmites comme celle pour stériliser des bocaux.

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broyeur de canne à sucre

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Four

Puis est venue l’achat d’un machine canadienne qui servait à transformer le sirop d’érable. Le processus est long, il faut 1 tonne de canne pour 100 kg. Prochainement et grâce en partie aux Fonds Européens, une petite usine va être implantée en continuité afin de produire plus mais surtout mieux car le procédé actuel est peu rentable, trop de temps passé pour peu de produit, donc la manufacture s’agrandit pour rentabiliser et pouvoir proposer des déclinaisons du produit toujours dans la même qualité et le haut de gamme. Mais aussi tout en valorisant le patrimoine agricole et culturel et en étant respectueux de l’environnement et des hommes.

 

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Machine canadienne

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Pour l’instant le Domaine n’est pas ouvert au public, mais c’est en réflexion, alors un peu patience et vous pourrez découvrir ce joyaux !

 

Je remercie Bertrand Caruel pour son accueil et Alexis Rivière pour son accueil et cette visite passionnante et instructive.

Je remercie mes amis réunionnais Nathalie Payet-Tricat et Alain Tricat de nous avoir accompagnés sur le Domaine familiale de Bel Air.

 

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Je vais continuer d’utiliser le Galabé ayant à cœur de rappeler à tous que c’est un produit qui a une histoire et l’âme de cette Ile magnifique, si divers, que j’aime tant…

 

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